16 décembre 2007
L'Ecole Léopold Sedar Senghor à Clamart
Une nouvelle école était inaugurée samedi 10 novembre par le maire Philippe Kaltenbach. Anciennement appelée école élémentaire Plaine, elle est devenue Léopold Sedar Senghor.
Je vous joins ici un article écrit en 2006, lors de l'année de la Francophonie.
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L'année 2006 est décrétée année de la francophonie,
Toute sa vie ce grand poète a défendu ce mot alors qu'il le détestait.
Léopold Sédar Senghor, est né il y a cent ans...
Léopold Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 de Basile Diogoye Senghor et de Gnilane Bakhoum dans le village de Joal près du fleuve Saloum qui se situe au sud-est du Sénégal.
C'est à Djilor qu'il grandit, dans la famille de sa mère. Il est avant tout d'origine Sérère, un peuple proche de la nature. C'est cette culture orale et musicale dominée par la présence de la femme qui le marquera profondément dans toute sa poésie. D'ailleurs, enfant, il passait de longues journées avec son oncle maternel Tokor Waly qui l'initiait aux secrets de la nature et aux traditions mais aussi la faune, la flore et la cosmologie, ces éléments essentiels à toute civilisation.
C'est en 1913, à l'âge de sept ans, qu'il rentre pour la première fois à la mission catholique auprès du Père Dubois de Djilor pour apprendre le catéchisme et découvrir la langue française.
En 1914, il entre au collège de Ngaobil, tenu par des pères. Pendant neuf ans, il fait l'apprentissage de la discipline et poursuit des études analogues à celles de l'école primaire française.
Envoyé au collège séminaire Libermann de Dakar en 1927 pour étudier le grec et le latin, le jeune homme songe à devenir prêtre et professeur. Il s 'indigne du mépris dont la culture traditionnelle africaine est l'objet.
En 1928, Senghor arrive à Paris au mois d'octobre. Il est déçu. Découragé par la Sorbonne, il entre au lycée Louis Le Grand pour préparer l'école Normale Supérieure. Il y rencontre Georges Pompidou, l'année suivante.
En 1930, il voyage en Touraine, puis s'inscrit dans le groupe des étudiants socialistes.
L'année de l'exposition coloniale, Senghor fréquente les milieux noirs de Paris. Rencontre René Maran et se lie d'amitié avec Damas et surtout Césaire.
Pour Senghor, la langue est un véritable outil,mais aussi un précieux passeport pour repenser le monde. Son autre langue, le Sérère, lui donnera toute la puissance créative de la Négritude.
Djian, dit très justement dans Genèse d'un imaginaire francophone que :
"sa langue est son être. Son corps, son esprit. Il la modèle, la métisse, l'embellit"
METISSAGE
La confrontation a été cruelle et sanglante tout en étant fructueuse pour Léopold Senghor.
Assimiler et non être assimilé fut pour lui, une revendication, un combat pour le métissage culturel.
Il se définit lui-même comme un métis culturel lui apportant par le souffle de sa pensée toutes sortes de sensibilité comme le souligne Nymrod dans un essai "Tombeau de Léopold Sédar-Senghor".
La poésie de Senghor lie intimement le métissage par les noms de lieux, de la faune, de la flore de son pays natal. Nous sommes dans l'expression africaine mais construit sur les mots de la langue française, sans parti pris et sans folklore.
NEGRITUDE
En 1932, il obtient un diplôme d'études supérieures pour son mémoire L'exotisme chez Baudelaire, mais échoue au concours d'entrée à l'Ecole Normale Supérieure. Il va préparer l'agrégation de grammaire.
Pour cela il acquiert la nationalité française.
En juillet il effectue son premier retour au Sénégal. Son père meurt quelques mois plus tard.
En septembre, à Paris, il envisage avec Damas et Césaire un monde nouveau incluant les valeurs nègres. Ce sera la Négritude.
C'est l'apport du peuple noir à la culture occidentale, thème de l'Universalité cher à Senghor :
"Ma négritude point n'est sommeil de la race maison soleil de l'âme, ma négritude vue et vie.
Ma négritude est truelle à la main, est lance au poing" (Elégies majeures)
Oui, Senghor vit cette négritude comme un combat permanent pour réhabiliter et reconnaître la culture négro-africaine, vers un nouvel humanisme.
FRANCOPHONIE
Il est admissible à l'agrégation de grammaire en 1933. Il échoue à l'oral. Il part découvrir la Grèce et la Turquie. De retour à Paris, il est président d'une association d'étudiants de l'Afrique de L'Ouest.
Césaire et Senghor font du journal "L'Etudiant Noir," le porte parole de la Négritude.
Léopold Senghor effectue son service militaire du 20 octobre 1934 au 12 octobre 1935.
Il est reçu à l'agrégation de grammaire. Il est nommé au Lycée Descartes de Tours, professeur de 6ème.
En 1936, il est militant SFIO. L'entrée des troupes italiennes à Addis-Abeba lui inspire le poème "A l'appel de la race de Saba".
Le 10 septembre 1937 il fait une conférence au Sénégal à la Chambre de Commerce de Dakar. Il est le premier agrégé noir : sa thèse : assimiler et ne pas être assimilé.
(à suivre)
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